Lundi 1ER Juin • Grenoble
LE PARADOXE TECHNOLOGIQUE
La technologie n’a jamais été aussi présente dans nos vies. Intelligence artificielle, GPS, interfaces numériques, capteurs ou robots façonnent notre quotidien mais nourrissent aussi de nombreuses réserves : surveillance, perte de contrôle, dépendance ou impact environnemental.
Dans le même temps, la technologie continue de faire rêver et de susciter un fort engagement lorsqu’elle s’aventure aux frontières de l’humain : exploration des pôles, spéléologie, milieux extrêmes, situations de survie ou compréhension des mystères du cerveau.
Ce contraste interroge. Pourquoi certaines innovations nous enthousiasment-elles quand d’autres alimentent la méfiance ? Pourquoi les technologies fédèrent-elles davantage lorsqu’elles servent à explorer, survivre ou repousser les limites humaines ? Quels récits, quels usages et quels contextes façonnent notre adhésion à la technologie ? Et surtout, peut-on adopter une posture plus lucide, entre fascination et rejet ?
En croisant les regards d’experts, cette discussion tentera d’éclairer ces mécanismes, d’explorer comment ces imaginaires de l’extrême peuvent nous aider à repenser la place de la technologie dans nos vies, et comment mieux vivre avec elle.
Accueil
Keynote
À rebours des discours simplistes, Étienne Klein interroge notre rapport au progrès, souvent tiraillé entre imagination, peurs diffuses et récits collectifs.
Car ce que nous appelons « technologie » n’est jamais neutre : elle est chargée de promesses, de fantasmes, mais aussi de malentendus. Pourquoi certaines innovations nous semblent-elles menaçantes lorsqu’elles touchent à notre quotidien, mais désirables lorsqu’elles élargissent nos horizons ?
En éclairant les ressorts philosophiques et culturels de cette ambivalence, cette keynote invite à remettre de la nuance, à questionner nos évidences et à réconcilier pensée critique et désir d’innovation.
Table ronde
Les technologies suscitent souvent méfiance dans notre quotidien, mais elles inspirent fascination et adhésion lorsqu’elles permettent d’explorer, de survivre ou de repousser les limites humaines. Au cœur du cerveau, dans les régions polaires, dans des contextes de défense ou d’exploration, elles deviennent des outils indispensables pour comprendre, protéger et agir. Cette table ronde réunira des personnalités ayant directement expérimenté ces environnements extrêmes. À travers leurs expériences, ils partageront comment la technologie devient alors un levier de coopération, d’exploration et d’innovation. Une discussion pour comprendre ce que ces situations limites peuvent nous apprendre sur notre rapport collectif à la technologie.
Cette séquence sera animée par Etienne Klein, avec la participation de :
Intelligence collective
Participants et orateurs échangerons ensemble sur la question centrale de l’événement :
Comment ces imaginaires de l’extrême peuvent nous aider à repenser la place de la technologie dans nos vies, et comment mieux vivre avec elle.
A l’issue des échanges, une synthèse sera produite afin d’alimenter de futures actions.
Échanges
Poursuite des échanges, de manière informelle, autour d’un café.
C’est votre première venue au CEA ?
Nous vous donnons rendez-vous à l’accueil MINATEC, 3 Parvis Louis Néel – Grenoble.
MINATEC se situe à proximité de la gare de Grenoble, facilement accessible en transport en commun.
Consultez le plan d’accès ici
Pour toute demande d’information ou pour annuler votre participation, merci d’écrire à l’adresse : drt@cea.fr

Etienne Klein est philosophe des sciences, directeur de recherches au CEA. Il y dirige le Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière du CEA et est membre de l’Académie des Technologies.
Il s’intéresse à la question du temps et à d’autres sujets qui sont à la croisée de la physique et de la philosophie.
Il est professeur à l’Ecole CentraleSupélec.
Il intervient toutes les semaines sur France-Culture pour « La conversation scientifique ».
Il a récemment publié :
– L’éternité béante, Futuropolis, 2024.
– Courts-circuits, Gallimard, 2023.
– Idées de génies (avec Gautier Depambour), Champ-Flammarion, 2021.

Jean-Louis Étienne est un médecin et explorateur polaire français.
Premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, il a réussi la plus longue traversée de l’Antarctique (6 300 km) en traîneau à chiens.
Sa prochaine expédition : une mission de trois ans à bord de Persévérance pour l’étude de l’océan Austral qui entoure l’Antarctique, acteur majeur du climat et réservoir géant de biodiversité marine encore méconnus.
Conférencier, écrivain, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’engagement, et l’environnement.

Le Dr Stéphan Chabardes est professeur de neurochirurgie à l’Université Grenoble Alpes et chef du service de neurochirurgie au sein du Centre Hospitalier Universitaire Grenoble Alpes.
Arrivé à Grenoble en 1993, sa formation et son intérêt pour la neurochirurgie fonctionnelle ont largement été influencés par les premières chirurgies de stimulation cérébrale profonde (SCP), réalisées pour la première fois chez des patients parkinsoniens par le Pr Benabid et le Pr Pollak. Formé par le Pr Benabid, il a acquis une expérience clinique reconnue dans le domaine de la SCP et de la chirurgie de l’épilepsie.
En 2003, il passe 15 mois à la Cleveland Clinic Foundation afin de réaliser un travail expérimental sur la SCP dans un autre domaine : celui de l’épilepsie.
En 2007, il prend la responsabilité du programme de neurochirurgie fonctionnelle au sein du CHU Grenoble Alpes, au départ du Pr Benabid. Il poursuit le développement des techniques chirurgicales, notamment dans le domaine de la robotique chirurgicale et des techniques d’implantation d’électrodes guidées par l’IRM intraopératoire, après s’être formé à l’Université de Californie à San Francisco lors d’un séjour en 2013.
Parallèlement, il travaille sur des thématiques de recherche translationnelle, notamment sur les troubles de la marche et les épilepsies, à partir de modèles animaux au sein du Grenoble Institut des Neurosciences.
Il rejoint en 2016 Clinatec, centre de recherche biomédicale du CEA-Leti, où il prend la responsabilité du secteur de recherche clinique. Depuis janvier 2025, il en est le directeur scientifique.
Auteur et co-auteur de plus de 230 publications internationales, il est responsable de plusieurs essais cliniques, notamment dans le domaine de la stimulation cérébrale profonde et de l’épilepsie, mais aussi des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Il est également investigateur principal de projets cliniques innovants tels que les interfaces cerveau-machine chez les patients tétraplégiques et chez des patients atteints de troubles de la parole. Depuis 2020, il dirige une étude clinique totalement innovante chez des patients parkinsoniens afin d’évaluer les effets des ondes infrarouges délivrées en intracérébral sur le ralentissement de la progression de la maladie de Parkinson.
Le Pr Stéphan Chabardes est membre de la Société française de neurochirurgie (SFNC), de la Société européenne de neurochirurgie fonctionnelle (ESSFN) et de la Société mondiale de neurochirurgie fonctionnelle (WSSFN). Il a également été président de la section de neurochirurgie fonctionnelle et stéréotaxique de la Société française de neurochirurgie.

Guy Perazio est géomètre-expert, pionnier de la modélisation 3D de milieux extrêmes avec texturage haute définition.
Installé en Isère, où il fonde son cabinet à Moirans en 1983, il développe très tôt une expertise à la croisée de la topographie de précision, de la géologie et de la représentation numérique.
Son travail s’inscrit sur des terrains où la mesure devient un enjeu critique : grottes ornées majeures comme Chauvet et Lascaux, centrales nucléaires, ou encore patrimoine industriel isolé des Kerguelen.
Il contribue notamment aux relevés de la grotte Chauvet et à la création de son double numérique, participant à une nouvelle manière de documenter, comprendre et préserver des environnements inaccessibles ou fragiles.
Au fil de ses missions, il s’impose comme une référence dans un champ hautement spécialisé, où la précision instrumentale rencontre des enjeux scientifiques, patrimoniaux et industriels.
Son parcours incarne une évolution profonde du métier de géomètre : du relevé de terrain à la modélisation complexe, au service des milieux les plus exigeants.

Le lieutenant-colonel Lionel Albrieux intègre le 1er septembre 1993, à l’âge de 22 ans, la 56e promotion d’élèves sous-officiers de l’École militaire de haute montagne (SEM 56 – section d’éclaireurs de montagne).
À l’issue de sa scolarité, en 1994, il choisit de servir au 7e Bataillon de chasseurs alpins. Deux ans plus tard, au retour d’un mandat hivernal en ex-Yougoslavie, il rejoint la section de recherche du bataillon, la SR7, aujourd’hui devenue le Groupement commando montagne du 7e BCA (GCM7).
Fort de cette première expérience opérationnelle en milieu montagnard, il intègre en 1999 l’École militaire interarmes (EMIA). Il y suit sa formation d’officier jusqu’en 2001, avant de poursuivre sa scolarité à l’École d’application de l’infanterie.
En 2002, il retrouve le 7e BCA et est immédiatement réaffecté au GCM7. Deux ans plus tard, il rejoint le Groupe militaire de haute montagne (GMHM), où il vivra onze années d’engagement et d’exploration, dont six à la tête de l’unité. Il participe à une vingtaine d’expéditions à travers les sept continents, des déserts glacés des pôles aux sommets de l’Himalaya : Antarctique, Groenland, Inde, Népal, Tibet, Svalbard, Nouvelle-Zélande, Canada, États-Unis, Mali, Kirghizstan, Chili ou encore Norvège. Parmi ces aventures figure notamment l’exploration de la cordillère Darwin, en Terre de Feu, en 2011.
En 2009, il obtient son diplôme de guide de haute montagne. La même année, lors de sa prise de commandement du GMHM, il initie un partenariat avec les Groupements commandos montagne afin de former les commandos aux franchissements extrêmes, été comme hiver, ainsi qu’à l’autonomie en milieu polaire. Il crée alors l’exercice UPPICK : une mission de 20 jours en autonomie totale au Groenland, qu’il encadre de 2012 à 2015.
Marié en 2007, il devient père une première fois en 2013 avec la naissance de son fils Jean. L’évolution de sa vie familiale l’amène progressivement à réorienter son engagement opérationnel. Sans regret, il quitte le GMHM à l’été 2015, quelques mois avant la naissance de sa fille Clotilde.
Affecté à l’état-major de la 27e Brigade d’infanterie de montagne, il retrouve alors le GCM comme adjoint du commandement centralisé, avant de devenir officier montagne brigade et conseiller du général commandant la 27e BIM pour les questions liées au milieu montagneux.
En 2020, il rejoint de nouveau l’École militaire de haute montagne. Il y occupe successivement les fonctions de directeur de la division de la formation tactique, puis d’adjoint au directeur général de la formation. Depuis l’été 2025, il est commandant en second de l’école.

Le général Pierre-Joseph Givre est officier général de l’Armée de Terre française, spécialiste des enjeux stratégiques et opérationnels liés aux nouvelles technologies. Au cours de sa carrière, il a occupé de nombreuses fonctions de commandement et de planification dans des contextes opérationnels exigeants, en France comme à l’international.
Il s’intéresse particulièrement à l’impact des innovations technologiques — intelligence artificielle, systèmes autonomes, capteurs avancés ou cyberdéfense — sur les capacités d’action et de décision des forces armées. Ses responsabilités l’ont conduit à réfléchir aux transformations profondes des conflits contemporains et au rôle des technologies dans les environnements les plus critiques. Son expérience apporte un éclairage stratégique sur la manière dont l’innovation technologique redéfinit les conditions d’engagement, de sécurité et de souveraineté.
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